Bien vivre avec sa sensibilité émotionnelle, un devoir !

Bien vivre avec sa sensibilité émotionnelle : Un devoir !

Pendant longtemps, j’ai cru que bien vivre avec sa sensibilité émotionnelle, c’était compliqué, voire impossible…

 

Trop de stimulations

Cette dernière semaine, j’ai vécu pas mal de situations qui ont mis mes nerfs à l’épreuve et ça m’a donné envie de commencer une liste de tout ce qui me dérange dans ma vie…
(je n’avais aucune idée que le Black Friday était devenu à la mode en France ! d’ailleurs je ne comprends pas vraiment pourquoi… maintenant je le sais et j’éviterai les magasins à cette date !)
donc voici sans exhaustivité :

  • ouvrir son sac et parfois son manteau quand on rentre dans un magasin pour montrer qu’on est docile et pas un terroriste
  • montrer son ticket de caisse quand on sort du magasin pour montrer qu’on est docile et pas un voleur
  • entendre de la publicité quand on est dans le magasin pour montrer qu’on est docile et un bon consommateur
  • se faire hurler dessus par des autres consommateurs parce qu’ils sont pressés et que ça ne va pas assez vite pour eux
  • entendre des demandes plus ou moins insistantes pour de l’argent. Des dizaines de fois par jour, dans la rue, dans les transports en commun
  • exécuter des ordres arbitraires pris par des gens incompétents et ordonnés de façon irrespectueuse
  • assister à des regroupements familiaux hypocrites
  • rire à des blagues qui ressemblent plutôt à des insultes qu’à de l’humour
  • enlever chaque jour les publicités de sa boîte aux lettres alors qu’elle porte un autocollant “stop pub”
  • recevoir la visite de son facteur pour ses étrennes alors que toute l’année on a dû se déplacer à plusieurs kilomètres pour aller chercher ses colis, étant pourtant resté chez soi pour les réceptionner
  • supprimer tous les spams de sa boîte mail alors même qu’on se désabonne régulièrement de ces envois
  • se faire raccrocher au nez d’un service client téléphonique long et payant, sans avoir obtenu ce qu’on demandait
  • recevoir des appels et des SMS de commerciaux à qui on a indiqué qu’on ne voulait pas recevoir ni appels ni SMS
  • entendre plusieurs fois la question d’un démarcheur téléphonique qui demande pourquoi on n’est pas intéressé par ce qu’il vend, et entendre ses arguments catastrophistes pour me faire peur (“mais et si vous deveniez paralysé demain, hein ? et si votre lieu d’habitation brûlait ?”)
  • entendre de force la musique jouée par un musicien (plus ou moins doué…) qui fait la manche dans le métro

 

Beaucoup de stimulations, beaucoup d’énergie dépensée

Tout ça, ben, ça a le don de m’énerver beaucoup. Beaucoup, beaucoup.

Et me fatiguer aussi. Beaucoup, beaucoup.

 

Revenir au vivant

Chaque être vivant tend à nourrir ses propres besoins

Sauf que… j’ai réalisé que derrière tout ça, il y a des personnes.

Il y a des êtres vivants qui cherchent à nourrir leurs besoins.

Parfois ils exécutent un ordre hiérarchique parce qu’ils ont besoin de leur travail. D’autres fois ils cherchent à me vendre des choses dont je n’ai pas besoin car ils ont besoin d’argent. Ou ils cherchent à être en sécurité en faisant perdurer des douces illusions.

 

Ils sont comme moi, comme toi, comme nous tous. Nous cherchons tous à satisfaire nos besoins.

Bon, il y a des façons plus ou moins efficaces ou agréables de chercher à les satisfaire, tout de même…

 

Se rendre insensible, une fausse bonne idée

On m’a souvent proposé (le mot est faible !) de me protéger et de devenir insensible à toutes ces choses qui me stimulent.

Parfois je me sens littéralement agressée par tous ces bruits, ces “je peux voir votre sac”, ces coutumes auxquelles me conformer, cette agressivité ambiante dans les transports en commun parisiens.

 

Eh bien je ne veux pas y devenir insensible car ça revient à renier ma nature d’être vivant.

Pourquoi pour vivre correctement faudrait-il mourir un peu, dans son cœur ?

À quoi bon vivre une vie sans émotions, sans heurts, sans casse ? ça n’est pas vraiment une vie d’être vivant, c’est une vie de machine.

Et – scoop ! – je ne suis pas une machine. Tu n’es pas une machine. Nous ne sommes pas des machines ! Bordel !

 

Écouter sa sensibilité : une nécessité, un devoir

Je rencontre trop de personnes qui traversent leur existence sans rien ressentir.

Résignées et dociles, elles ne prennent pas non plus conscience de la responsabilité de leurs actes.

Se couper de ses ressentis, ce n’est pas seulement se couper de sa nature, c’est aussi devenir manipulable, perdre en efficacité d’action.

Se rendre insensible, c’est agir de façon automatique et prédéterminée, c’est réagir plutôt qu’agir.

 

Et souvent vouloir ne rien ressentir, c’est reproduire sur les autres ce qu’on subit soi-même.

 

Alors, non, je ne veux pas devenir insensible. C’est mon droit d’être sensible et c’est également mon devoir.


Isabelle,
Expérimentatrice enthousiaste des arts visuels.
Mais pas que.

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2 commentaires sur “Bien vivre avec sa sensibilité émotionnelle, un devoir !

  1. G a dit :

    Et pourquoi ne pas « faire avec » ? Pas dans le sens « être insensible », mais dans le sens « il y a des choses sur lesquelles ont à la main, sur lesquelles on peut faire quelque chose… et il y en a ou on ne peut pas »

    * ouvrir son sac et parfois son manteau quand on rentre dans un magasin pour montrer qu’on est docile et pas un terroriste

    => Tu vas dans un magasin, période « de Noël », climat/ambiance « vigipirate ».
    Partant de ce contexte : 1. Il y aura du monde ; 2. La « sécurité est renforcée »
    Donc il y a de grande chance que cette situation se reproduise…

    => Ça t’énerves / te frustre / heurte ta sensibilité
    Tu n’as que deux solutions :
    1. ne plus aller dans le-dit magasin
    2. aller dans le-dit magasin, et « accepter » le fait que tu seras confrontée à cette situation

    Vivre en société, c’est accepter certains « contrats sociaux ».
    Par exemple, dans le cas du magasin : parce que certains, une minorité, ne respecte pas ces contrats sociaux – en l’occurrence, certains volent… – , c’est toute la masse, la clientèle, qui se retrouve à subir ces contrôles et fouilles en sorties et entrée de magasin.
    C’est comme ça. Tu ne peux rien y faire, si ce n’est ne plus te rendre dans ce magasin.

    Je ne dis pas que c’est bien, que c’est normal ; je dis juste que tu ne peux rien y faire. Tu dois accepter d’être impuissante face à ce problème, tu dois accepter le contrat social « Toi cliente, tu seras contrôlée à l’entrée et à la sortie. Parce que d’autres clients volent, ces systèmes ont été mis en place ».

    * se faire hurler dessus par des autres consommateurs parce qu’ils sont pressés et que ça ne va pas assez vite pour eux
    Des cons, il y en aura toujours 🙂 Ce qui est bien avec le con, c’est d’être plus con que lui – un moment seulement. Hurle sur le con à ton tour, ça défoule !
    Ou bien… fait avec.
    L’être humain est avant tout égoïste… ma survie d’abord, les autres ensuite.

    * assister à des regroupements familiaux hypocrites
    Fondamentalement, qu’est-ce qu’y t’obliges à y aller ?
    N’est-ce pas être hypocrite si t’y vas alors que tu n’en as vraiment pas envie ?
    Est-ce qu’il n’y a pas un peu de « c’est le chien qui se mord la queue » ? Pas envie d’y aller -> n’y va pas -> se sent forcée d’y aller la fois d’après -> encore moins envie d’y aller parce que c’était vraiment barbant, hypocrite -> n’y va pas la fois d’après… ?

    2 choix => y aller, ou ne pas y aller.
    Mais tant qu’à faire, si le choix est « y aller », autant y aller mais pas à reculons…

    Non ?

    * rire à des blagues qui ressemblent plutôt à des insultes qu’à de l’humour

    Ne rit pas ! Peu importe ce qu’on pourra te dire, ou en penser.
    Et peut être que ça peut amener à une discussion du type « pourquoi de mon point de vue ta blague ne m’a pas fait rire ».
    Ou alors ça ne mène à aucune discussion.
    Dans tous les cas, ça sert à rien de te faire des nœuds au cerveau pour ça !

    Pour les autres points… Société de consommation. Oui, c’est oppressant.
    Mais en fait, à bien y réfléchir, la seule façon que je vois pour améliorer les choses, c’est de les prendre avec le sourire…
    Le démarcheur par téléphone… pauvre gars, quel boulot de merde il a. Bon, au moins, il a du boulot. Mais c’est sûrement mal payé. Ses « supérieurs hiérarchiques » vont lui foutre la pression (parce qu’eux même seront sous pression…), donc de base le pauvre gars au téléphone il est pas aidé.
    Ensuite, toute la journée, les gens vont l’envoyer chier en lui disant qu’ils ne veulent pas de sa merde.
    Ce pauvre gars est coincé entre le marteau et l’enclume…

    En le prenant avec le sourire, ça ne t’énerveras pas, ou moins. Et lui aussi. Il aura eu au moins un « client gentil », qui ne l’aura pas envoyé chier. Le coup de marteau sera un peu moins douloureux…

    Ça reste une situation de merde, de la surconsommation à outrance.

    Si tout un chacun change ses habitudes de consommation, peut être que ça changera. Mais c’est loin d’être gagné.

    Un exemple con, personnel : je me faisais constamment des nœuds au cerveau dès que mon train était en retard. Il y avait de quoi en devenir malade. Courir partout après pour « rattraper le retard ».
    Un jour on m’a dit : arrête. T’es à l’heure, pas le train, tu n’y peux rien. Ce n’est pas de ta faute. Ne va pas courir ensuite pour chopper ton autre train, ton métro. T’étais à l’heure, t’as rien à te reprocher. Et si on te le reproche quand même, fait en sorte que ça te passe au dessus, ou sors les preuves (une photo du tableau d’affichage) que tu n’y est pour rien.

    Depuis… bah ça va mieux ! Un énorme soucis en moins !
    Quelques ajustements nécessaire parfois… (prendre un train en avance quand le retard n’est pas envisageable)

    => Il y a des choses, des situations, sur lesquelles tu peux faire quelque chose => fait !
    => Il y a des choses ou situations auxquelles tu n’y peux rien => ne te prend pas la tête

  2. Isabelle a dit :

    Accepter, oui, c’est une clé. Mais il faut aussi faire attention que ça ne devienne pas une source de violence envers soi.
    Accepter c’est aussi accepter d’être en colère ou fatigué. Vouloir toujours tout prendre avec le sourire c’est aussi réprimer ses ressentis, ce qui revient à nier violemment sa propre réalité.

    Et accepter ne devrait jamais vouloir dire se soumettre. C’est là la difficulté de l’acceptation, bien identifier ce qu’on peut changer de ce qu’on ne peut pas changer. Ton exemple avec le train est très parlant, mais parfois c’est plus compliqué d’identifier ce sur quoi on peut agir. Typiquement, un démarcheur ou un spammeur on peut le poursuivre en justice, c’est un pouvoir que chacun a. Et chacun a un pouvoir, petit peut-être à l’échelle de l’individu, sur les lois et leur application. Les “contrats sociaux”, ça se change !

    Et pour moi c’est important de comprendre pourquoi chacun fait ce qu’il fait, ça aide à accepter mais pas seulement, ça aide à rester en lien avec soi et les autres, ça aide à sentir toute cette vie partout où elle est. C’est ce que tu dis aussi, et je suis bien d’accord !

    Alors oui je fais des choses qui ne me plaisent pas, mais effectivement j’ai des raisons de les faire, je garde une certaine sécurité dont j’ai besoin. Et je devrais me rappeler à chaque instant de ce pourquoi je fais ce que je fais. Et accepter que parfois, je ne m’en rappelle pas 🙂

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