Syndrome de l’imposteur et autres fausses bonne excuses

Syndrome de l'imposteur et autres fausses bonne excuses

“Oh non, je peux pas me lancer à fond, j’ai le syndrome de l’imposteur.”

“Oui mais moi, tu comprends, je peux pas créer parce que je suis trop perfectionniste. J’aime faire les choses bien, tu vois.”

“Et puis, je ne pourrai jamais aller au bout puisque je suis multipotentialiste / multipote. Je m’intéresse à trop de choses.”

La liste des bonnes excuses pour ne pas se lancer ou se donner dans ses projets ne manque pas de mots aux nombreuses syllabes et séduisants par leur côté savant. 

Syndrome de l’imposteur, perfectionnisme, multipotentialité, etc. 

Oh oui, ça fait joli. On peut même s’y identifier, se regrouper autour de ces sujets, échanger pendant de nombreuses heures sur toutes ces raisons qui font que l’on fait du surplace. 

Et sur ton lit de mort, tu diras sérieusement “Je n’ai pas réalisé mes rêves parce que j’avais le syndrome de l’imposteur” ? Non, je ne crois pas. Tu auras simplement des regrets

Le syndrome de l’imposteur, le perfectionnisme, la multipotentialité sont des sujets hyper communs chez les coaches

Si tu n’es pas familier avec ces concepts, félicitations ! Tu as trouvé un moyen efficace d’éviter les injonctions de ces nouveaux gourous qui pullulent sur les Internets. Tu ne comprendras peut-être pas la véhémence de mes propos. Je t’invite à faire quelques recherches sur ces sujets pour en prendre la mesure. 

Si on s’y arrête deux minutes, ces concepts sont simplement des constructions mentales pour désigner des formes de peur. 

Les coaches vont te vendre leurs trucs pour te libérer du syndrome de l’imposteur, pour vaincre le perfectionnisme, pour réussir à vivre sa multipotentialité, etc. 

Ça leur fait masse de clients potentiels, à ces même coaches qui ont inventé ces concepts. 

Ça ne te rappelle pas Big Pharma qui invente des maladies pour te vendre des remèdes ? Étrange, non ? 

En écoutant les discours expliquant ce qu’est le syndrome de l’imposteur, le perfectionnisme, la multipotentialité (et bien d’autres constructions), un paquet de gens sont persuadés de souffrir de ces maux étranges. “Mais oui, c’est ça ! J’ai le syndrome l’imposteur !”, “J’ai du mal avec mon art parce que je suis perfectionniste”, “Je ne sais pas quoi choisir parce que je suis multipote / mutlipotentialiste”, etc. 

Ça sonne bien, en plus. 

Avoir le syndrome de l’imposteur est présenté comme être compétent.e mais ne pas s’en rendre compte. “Je suis tellement compétent.e dans mon domaine que j’ai le syndrome de l’imposteur, alors que ces nullos incompétents osent vraiment faire n’importe quoi.”

Être perfectionniste est vu comme être tellement exigeant.e qu’on ne produit rien. “Tu comprends, moi je suis vachement plus exigeant.e que bidule qui fait vraiment du bas de gamme, affligeant”. 

Être multipote / multipotentialiste est vu comme avoir tellement de centres d’intérêts et de talents qu’on ne saurait réellement choisir. “Je suis tellement talentueux.se dans tellement de domaines que je ne sais lequel choisir, c’est trooop duuur.” 

L’ego est ravi. Il est flatté, il jubile ! 

En plus d’être des excuses pour ne pas avancer, ce sont des concepts parfaits pour se sentir au-dessus des autres. Combo gagnant. 

Mais concrètement, si on arrête deux minutes de se gargariser et de se mentir, ces concepts, c’est quoi ? 

De la peur, tout simplement. 

Un truc hyper banal, hyper courant, auquel on est tous confrontés.  

Il faudrait dégonfler un peu le truc. Ces concepts pompeux des élites trop talentueuses pour être comprises, c’est juste le truc le plus basique et le plus normal de notre condition humaine. 

Le pathologiser ou lui donner des noms “cool” à la mode le renforce en lui donnant des airs de super-vilain à combattre farouchement. 

Dédramatisons plutôt le bouzin en l’appelant par son vrai nom : peur. 

Ploup, le soufflé retombe. 

La peur est une émotion de base. 

Et qu’est-ce qu’on fait avec les émotions ? 

Easy. On les laisse être là. 

Plus on cherche à les empêcher, plus elles se renforcent. Plus on cherche à les fuir, plus elles nous poursuivent. 

Le truc le plus fluide à faire, c’est quand même de les ressentir pleinement, dans le corps. Elles ne durent jamais bien longtemps à partir du moment où on leur prête notre attention. 

Rien de réellement bien plus compliqué de ça. 

Franchement, le super-vilain “Syndrome de l’imposteur” devient un petit chaton craintif mais attendrissant après ça. Pas besoin de le combattre, de le vaincre, de s’en libérer ou que sais-je encore. 

La multipotentialité pousse le truc un peu plus loin. Souvent la difficulté des personnes qui se disent multipotentialistes / multipotes est de ne pas aller au bout de leurs projets trop nombreux. 

Je ne crois pas en l’existence de multipotentialistes parce que je ne crois pas en l’existence de monopotentialistes. 

Un monopotentialiste serait une personne qui aurait dans sa vie un seul centre d’intérêt, terminerait tous les projet qu’elle commencerait dans ce seul centre d’intérêt et ne chercherait pas à apprendre de nouvelles choses ni même à s’y intéresser. 

J’ai beau avoir dans mon entourage des personnes passionnées par un sujet précis, aucune n’est bornée à ce seul sujet et ne l’a été toute sa vie. 

Je n’ai jamais rencontré de monopotentialiste. Tu en as rencontré, toi ? 

Le vrai souci du multipote, c’est qu’il ne sait pas vraiment ce dont il a envie à un instant donné. Ou alors, il le sait, commence et ne prend pas la décision d’arrêter parce que son envie a changé. 

C’est OK de ne pas persévérer, c’est un choix. Le mutlipote ne veut pas faire ce choix, il se retrouve avec plein de projets commencés non priorisés, non terminés, non arbitrés. Et si peu aboutissent. 

Il cultive sa propre confusion avec ces non-choix en se racontant qu’il est au-dessus de ça. 

Je ne vais pas me faire des amis en disant tout ça, surtout qu’un des livres les plus populaires sur le sujet s’intitule “Refuse to choose”. Ce qui est un peu ambigu, car le fait même de refuser est un choix. Je ne l’ai pas lu, honnêtement, et je n’en ai pas envie. J’ai trop vu de multipotes se complaire dans leur posture de “haut potentiel incompris”. 

Si ça leur chante, très bien. Pour moi, ce ne sont que des excuses. 

Je suis convaincue que chacun d’entre nous sait très bien au fond ce dont il a envie. C’est simplement plus facile de se chercher des excuses que de se lancer vraiment. La peur, encore une fois. C’est plus facile de s’identifier à un concept fumeux que de reconnaître sa peur et de l’accepter. 

Une fois que la peur est reconnue, ben, il faut prendre une décision : y aller ou pas. 

C’est tout mais c’est parfois terrifiant.


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Isabelle,
Expérimentatrice enthousiaste des arts visuels.
Graphiste & Illustratrice
Mais pas que.

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