Comment se motiver pour faire du sport : pourquoi c’est une mauvaise question.

Comment se motiver à faire du sport : Pourquoi c'est une mauvaise question.

Il y a un sujet qui revient très souvent sur les Internets, c’est la motivation pour faire du sport. Comment se motiver pour faire du sport régulièrement. Comment garder cette motivation chaque jour, chaque semaine. Et chacun y va de son petit conseil. Prends-toi une appli. Donne-toi des récompenses. Blablabla.

Tu l’auras compris, je ne partage absolument pas le point de vue de ces “conseils”, de ces “trucs” pour “se motiver”.

En réalité, en sport, en création, comme ailleurs, la motivation n’est pas un truc qu’il faut aller chercher quelque part à la force de sa volonté. La motivation, la régularité, ce n’est pas s’imposer une discipline militaire pour atteindre des objectifs qu’on se serait fixés. Dans le meilleur des cas, hein, parce que souvent ces objectifs viennent d’injonctions extérieures qu’on n’a même pas pris la peine de rendre conscientes.  

L’injonction à “faire du sport régulièrement” est tellement forte ces derniers temps. Le nombre de salles de sports est en augmentation. À tel point que, pour beaucoup, “sport” est équivalent à “sport en salle”. Et que “sport en salle” est équivalent à “une corvée parmi d’autres”, comme faire ses courses, faire la vaisselle ou sortir ses poubelles. Une corvée nécessaire pour une relative bonne santé.

Si bien qu’on n’oublie facilement la diversité des disciplines sportives qu’on a la possibilité de choisir. Sport collectif ? Sport individuel ? Sport de duel ? Je suis convaincue que si on commençait par se poser la question du sport que l’on a envie de pratiquer, on n’aurait pas besoin de “se motiver pour aller à la salle de sport”.

En fait je te dis tout ça parce que je n’étais absolument pas sportive étant gamine. Tu vois le stéréotype de la bonne élève à lunettes pas à l’aise avec son corps ? Yep, voilà, ben j’étais un peu comme ça.

Et ça a bien changé. Pas parce que je me suis motivée à être sportive. Non. Et surtout pas parce qu’il le fallait. Un peu par hasard, j’ai pratiqué des sports collectifs avec des copines, puis j’ai été attirée par les troisièmes mi-temps rugbystiques, par les rencontres associatives, puis par la compétition, le dépassement de ses limites.

Tout ceci m’a réellement fait apprécier la pratique sportive régulière, à tel point qu’aujourd’hui je ne conçois plus ma vie sans. Et je n’ai absolument pas besoin de me motiver.

Je crois qu’on se pose souvent les mauvaises questions, souvent pour éviter de poser des vrais choix. Et c’est la même chose dans la création artistique. Il n’y a pas besoin de “se motiver”. Si on fait quelque chose qu’on a envie de faire, pas besoin de chercher des moyens de se contraindre à le faire.

Je dis souvent que volonté et violence partagent une racine étymologique commune. Se faire violence, comme on dit, ne peut pas fonctionner sur le long terme. Jamais.

Alors on peut continuer à bricoler des arrangements avec ses choix, sa volonté. Ou arrêter et poser des vrais choix qui nous font plaisir et économiser les techniques pour « garder sa motivation ».


Isabelle,
Expérimentatrice enthousiaste des arts visuels.
Créatrice & Illustratrice
Mais pas que.

2 commentaires sur “Comment se motiver pour faire du sport : pourquoi c’est une mauvaise question.

  1. Je vous remercie pour cet article qui résonne énormément avec les prises de conscience que j’ai eues ces derniers jours…!
    Ces « injonctions extérieures qu’on n’a même pas pris la peine de rendre conscientes ». Pour ma part, c’est tout à fait vrai. « La motivation n’est pas un truc qu’il faut aller chercher quelque part à la force de sa volonté » et « volonté et violence partagent une racine étymologique commune. Se faire violence, comme on dit, ne peut pas fonctionner sur le long terme »… Et voilà comment (d’après mon expérience personnelle), en démarrant une activité sportive, qui ne me fait pas forcément plaisir, (tout ça parce que j’ai adhéré de manière passive et inconsciente à « il faut faire du sport pour être en forme et en bonne santé »), je suis hyper motivée dans un premier temps (la nouveauté y est pour beaucoup également!) et le soufflé retombe ensuite jusqu’à ce que cette même activité devienne « une corvée parmi d’autres ».
    Je n’avais pas conscience, jusqu’à ces derniers temps, à quel point la notion de plaisir (et de partage) était importante.
    Encore merci pour votre partage grâce à cet article (et aux autres également, que je suis en train de découvrir).
    Belle journée à vous!

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