Rêver sans prendre en compte l’avis des autres

J’ai fait un rêve cette nuit.

J’étais dans une salle de cinéma en train de regarder un film. Tout à coup, en plein milieu d’une scène, toutes les personnes de la salle se lèvent et se dirigent vers la sortie de la salle, en parlant entre eux joyeusement.

Sauf que… le film n’est pas fini ! Je me retrouve là, assise dans la salle en train d’essayer de faire au mieux pour suivre la suite du film alors que les gens devant moi sont debout et me gênent, tous les autres parlent entre eux. Bref, tout ceci brouille mon attention.

Et puis je me sens angoissée. Mince, et si j’avais loupé un truc dans ce film ? Si je n’avais pas compris que c’est la fin ? Ou alors tous ces gens ont deviné la fin et moi je suis trop bête pour avoir compris ? Ils ont forcément raison, puisqu’ils sont la majorité, non ? Qu’ai-je donc raté ?

Et puis, peu de temps après, il y a des gens qui entrent dans la salle, ce sont ceux qui viennent pour la séance suivante.

Pareil, ils me gênent parce qu’ils sont dans mon champ visuel et mon champ sonore. Heureusement que je suis en milieu de rangée, sinon j’aurais en plus été bousculée ! Mais le film continue, et n’est toujours pas terminé.

Pourquoi donc entrent-ils en plein milieu d’un film ? Tous comme un troupeau ? Là c’est certain, je n’ai rien compris à ce film. Qu’ai-je donc loupé ? Suis-je si bête ?

Et tous ces gens, ceux qui entrent et ceux qui sortent, me semblent totalement étrangers, froids, comme des robots. Ils semblent pressés, à la fois de sortir et d’entrer dans cette salle. C’est comme s’ils étaient mus par un esprit collectif auquel je n’aurais pas accès.

 

Et puis ce matin, en rédigeant mes pages du matin (les pages du matin sont un outil puissant proposé par Julia Cameron dans son livre Libérez votre Créativité), j’ai fait un lapsus, et j’ai compris que ce film symbolisait mon rêve. Mon rêve à moi, celui de créer mon activité qui me plait, de me libérer de certains dogmes qui me semblent complètement nocifs et à côté de la plaque.

Je alors comprends pourquoi il y a une première majorité de gens qui s’en vont avant d’avoir terminé le film : ils abandonnent leur rêve. Et ils le font dans la joie collective, dans la complicité, sûrs d’eux car ils sont la majorité.

Et puis il y a ceux qui viennent voir la fin du film. Ceux-là viennent peut-être contempler les succès des autres, et ignorent totalement les engagements, la persévérance qui sont nécessaires lorsqu’on entreprend de poursuivre son rêve.

Et bien sûr je me trouve en ce moment-même dans cet entre-deux. J’ai déjà commencé ce chemin, j’ai le choix d’abandonner maintenant. Et certainement que ce qui suit sera déterminant pour une réussite future.

Alors il s’agit pour moi plus que jamais d’accepter de vivre cette peur temporaire de ne pas être dans la majorité et de vouloir continuer à voir ce film jusqu’au bout, même si je doute de moi, même si je me dis que les autres ont peut-être compris quelque chose que je n’ai pas compris.

Finalement, ça les regarde eux, et eux seuls.

 


Isabelle,
Expérimentatrice enthousiaste des arts visuels.
Mais pas que.

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