Réveiller le bizarre en soi

Réveiller le bizarre en soi pour mieux vivre avec soi et les autres

 

Hommage au bizarre qui est en nous !

Nous sommes tous uniques et identiques. Oui, nous le savons. Mais combien d’entre nous osent exprimer pleinement leur singularité sans entrer dans la confrontation avec autrui ? combien restent authentiques en toute circonstance ? combien n’ont rien à cacher ? combien assument pleinement leurs contradictions ?

 

L’attaque des clones

Parfois quand je regarde autour de moi, j’ai l’impression de voir des clones. Des personnes qui s’efforcent de ressembler à toutes les autres pour se fondre dans la masse. Peut-être que je les vois parce que j’ai longtemps été ainsi. Ne pas faire de vague, gommer absolument tout ce qu’il y a d’anormal chez moi, ne pas parler des sujets qui fâchent, parfois même ne pas donner mon avis. Mais à quel prix ?

J’ai eu beaucoup de ressentiment envers ces autres pour qui je me faisais fade. Parce que ces autres ne reconnaissaient pas mes efforts. En même temps, c’était logique et je le savais, les autres sont tout autant que moi occupés par leurs propres problèmes. Beaucoup de colère refoulée parce que je niais totalement qui j’étais, et je le fais toujours un peu. Alors parfois la colère s’externalise et me contrôle entièrement, je ne suis plus moi…

 

Comment se connaitre ?

Je me suis souvent posé cette question : comment faire pour être pleinement soi-même ? Ben oui, dans le fond, je ne me connais pas, et je suis un être humain comme tous les autres, c’est aussi totalement normal de ressembler à tous les autres. C’est aussi totalement normal de se plier aux règles d’un groupe pour en faire partie.

Je ne connais que l’image que d’autres renvoient de moi et que j’interprète. Je ne peux pas être sans faire partie de groupes. Tout est une question d’équilibre, de dosage, de juste milieu. Il me faut trouver le juste milieu entre exprimer ma singularité et suffisamment comme les autres pour être intégrée socialement.

 

Le piège de la comparaison

Je me compare souvent aux autres. On nous dit que ça n’est pas bien de se comparer. Peut-être… mais comment fait-on alors pour intégrer les règles d’un groupe si l’on ne se compare pas aux autres ? Je parle de règles implicites, bien sûr. Et comment être équitable dans le partage si on ne compare pas les parts de chacun ? Si par exemple, nous sommes 7 autour d’une table et nous avons un gâteau, si on coupe le gâteau en 6 parts égales, eh bien il y aura un des convives qui n’aura pas de gâteau. Je ne vois pas où est le problème de la comparaison dans un cas simple comme celui-ci. Parce que c’est une forme d’égalité qui est visée.

Alors bien sûr la comparaison devient malsaine quand elle s’accompagne de jugement de valeur. Les pensées du style « je suis moins bien qu’untel » ou « je suis meilleur qu’untel » ne nous amènent pas grand-chose. Elles nous font tourner en rond et nous font dépendre des autres pour estimer notre propre valeur personnelle. Parce que, bien sûr, notre valeur personnelle ne dépend que de nous-même… sauf qu’il est difficile d’en avoir connaissance tout seul.

Et c’est là que cette complexité toute humaine intervient. Nous ne sommes rien sans les autres, et comment se connaitre si nous vivons en ermite ? Il faut un complexe équilibre entre différenciation et appartenance. Revenir à l’un, s’éloigner de l’un, revenir à l’autre, dans un incessant mouvement de va-et-vient. De même si on cherche à être singulier en opposition à quelque chose, alors on ne s’en éloigne pas vraiment et on n’est pas si singulier que ça.

 

La bizarrerie comme forme de liberté… et d’intelligence

Accordons-nous la liberté d’être bizarre de temps en temps. Prenons ce risque de déranger, d’être absurde, d’affirmer notre fantaisie. Les réactions des autres leur appartiennent. Et finalement que risquons-nous ?

C’est ce que je me dis souvent et pourtant j’ai du mal à l’appliquer. Certainement parce que j’ai pris cette habitude (un peu trop présente dans l’éducation féminine à mon goût) de ne pas faire de vague, ne pas déranger, me fondre dans le décor. Avec des conséquences désastreuses. Et pourtant, il n’est pas trop tard pour changer ça.

Tel un adolescent qui cherche son style et veut rester accepté par sa bande de copains, nous sommes tous en proie à ces deux forces apparemment opposées : nous différencier et ressembler aux autres. Mais pourquoi devraient-elles être opposées ? N’est-ce pas aussi nos différences qui nous rendent tous semblables ? Et puis personne n’est exactement identique à personne.

Alors…. Comment trouver ce juste milieu ? J’ai envie de répondre : par l’expérimentation ! héhé, c’est un peu le nom de ce site, non ? mais c’est un peu facile aussi, c’est la réponse à beaucoup de questions finalement. Tu ne sais pas quoi manger ? expérimente ! Tu ne sais pas sur quel pied danser dans tes relations sociales ? expérimente ! Tu ne sais pas si tu devrais agir ou te reposer ? expérimente ! et ça continue à l’infini… Dans le fond ça n’est pas une excuse pour botter en touche un problème, c’est une façon universelle de trouver des réponses. Nous avons toutes les réponses si nous prenons la peine de les chercher à l’intérieur de nous et dans les actions que nous menons. Ainsi donc est fait le vivant, avec sa complexité, ses contradictions, ses bizarreries.

Les bizarreries, ce sont des moyens d’adaptation potentielle. Telle la mutation génétique spontanée qui sera sélectionnée ou pas selon que l’individu s’adaptera mieux à son environnement ou pas. Je vois les bizarreries de la même façon, nous avons tous notre lot de bizarreries. Si nous les taisons, nous ne pourrons jamais savoir ce qu’il y avait derrière. Peut-être que c’était un moyen d’adaptation formidable, une façon de rendre le monde meilleur. Peut-être que c’était dangereux. Jamais nous ne pourrons le savoir si nous ne prenons pas le risque de les exprimer pleinement. Au moins une fois, pour voir.

dessin avec escaliers entremêlés et feutre

Mes bizarreries

Je n’ai pas encore découvert toutes mes bizarreries. Je les vois parfois, mais souvent elles me paraissent normales, et ce n’est que le regard d’une autre personne qui me renvoie cette image de bizarrerie.

Il paraitrait que je suis bizarre parce que je suis très sensible, notamment aux bruits, aux odeurs, mais aussi à la beauté de la nature. Chaque soir ou presque je suis en extase devant le coucher de soleil derrière ma fenêtre.

Il paraitrait que je suis bizarre parce que j’aime être seule. Mais je n’aime pas être seule trop longtemps. Le juste milieu est parfois difficile à trouver.

Il paraitrait que je suis bizarre parce que j’ai toujours des carnets sur moi, que j’écris et je dessine dans les transports en commun. Et que parfois ça énerve les gens. Oups… !

Il paraitrait que je suis bizarre parce qu’on m’a collé des étiquettes de pathologies mentales sur le front, mais heureusement elles ne se voient pas trop, et je pense que cette colle est lavable à l’eau. Ouf !

Il paraitrait que je suis bizarre parce que je suis lente. Mouais, peut-être, en tout cas c’est ce que les autres peuvent voir. En réalité je réfléchis à plein de sujets qui mûrissent tranquillement. Je les cueille à point pour les terminer.

Et alors ?

Et toi, quelles sont tes bizarreries ?


Isabelle,
Expérimentatrice enthousiaste des arts visuels.
Mais pas que.

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