Tout n’est PAS qu’une question de volonté

Tout n'est pas qu'une question de volonté !

Le dernier article de Bouclette sur l’excellent blog Ta Gueule Boris m’a beaucoup fait réfléchir sur les petites et grandes violences banales devenues ordinaires.

Une catégorie de ces violences, ce sont les « quand on veut, on peut » et tout ce qui va avec. Beaucoup pensent que tout est une question de volonté, et uniquement de volonté. Eh bien, hum, non. Je suis navrée de contredire tant de coaches, ce n’est pas exact.

personnage en colère hurlant "ta gueule !"

Bien sûr la volonté entre en jeu lorsqu’on entreprend des changements, lorsqu’on fait des choix de vie différents ou difficiles. Bien sûr que la volonté entre en compte, je ne vais pas dire le contraire. Affirmer cependant que seule la volonté importe est à le fois inexact et culpabilisant pour de nombreuses personnes.

Tout d’abord, on a chacun des limites physiques et physiologiques qui sont inhérentes à notre condition humaine. Les nombreuses personnes qui sont ou ont été malades dans leur vie savent de quoi je parle.

personne se libérant de ses murs

Il ne suffit pas de se forcer, de donner un coup de collier à la seule force de la volonté pour atteindre ses objectifs. Parfois les objectifs sont beaucoup trop hauts pour soi. Même si c’est difficile à accepter, il est cependant nécessaire de regarder les choses en face. Tout est possible, dans la mesure de nos capacités.

L’accepter pour soi est déjà difficile. Et quand les autres s’en mêlent, ça vire carrément à la violence. Car les autres ne savent pas ce que ça fait d’être nous. Ils ne sont pas et ne seront jamais dans notre corps. Les « c’est pour ton bien », « il faut se faire violence », et autres « quand on veut, on peut » peuvent se rhabiller. Ils sont à la fois dangereux et culpabilisants. En soi ils n’ont d’autres valeurs que de décharger émotionnellement la frustration de la personne qui le dit.

enfant honteux baissant les yeux

Combien de fois j’ai entendu ces mots « il faut te faire violence », alors même qu’un de mes problèmes était justement de me faire violence… ?

Et en quoi une éducation basée sur les « c’est pour ton bien », « force-toi », « allez, un petit effort » est-elle saine ? Une éducation qui, trop souvent, néglige complètement le corps et les besoins des enfants. Une fois devenus adultes, ils reproduisent le même schéma.

J’en arriverais presque à penser qu’« heureusement » il y a des personnes qui se sont rendues compte du problème, avec grande souffrance, et tentent de faire prendre conscience les autres de sa dangerosité.

 

Je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut pas essayer, pas agir, pas expérimenter, pas rêver. Pas du tout. Ça n’est pas du tout mon propos. Je crois qu’il vaut mieux laisser les gens libres d’avancer à leur rythme, selon leurs capacités. Rien n’empêche de mener un projet sur une longue période quelques minutes par jour. Et alors la « volonté » est nécessaire pour persévérer.

Mais plutôt que de volonté, je préfère parler d’envie. Car c’est plus souvent l’envie, le plaisir, ou parfois le besoin, qui peuvent plus facilement nous permettre d’avancer. Et là on n’est plus dans le mental  mais bel et bien dans le corporel, dans l’élan vital. Et alors, plus besoin de se forcer, de se faire violence.

femme s'envolant

L’envie est en phase avec ce qui nous fait du bien, et c’est là la principale force de s’appuyer sur elle. On sort du schéma de frustrations, violences, destruction pour se concentrer sur la satisfaction, la création, l’harmonie.

 

Et penser que la liberté et l’envie mènent à l’oisiveté et la puérilité est approximatif également. L’oisiveté restera toujours un travers de la nature humaine, de même que la violence. Je crois qu’être conscient de ses états émotionnels corporels, de ses besoins nous préserve de tous ces travers. Car l’oisiveté, comme tout travers, tout vice, provoque en nous son lot de frustrations. L’accepter, le vivre, en être conscient nous permet de rester en harmonie avec nos besoins.

Et ni la violence, ni l’oisiveté ne sont des besoins. Ce sont plutôt des formes de déni de la réalité. Et on sait tous que nier, lutter, accuser est beaucoup plus facile que d’accepter sa part de douleur, de voir les choses en face, même temporairement.

 

En bref, je suis convaincue que toute action satisfaisante est basée sur du plaisir et non de la volonté.

J’ai pu personnellement expérimenter ce processus en poursuivant des activités artistiques alors même que tout autour de moi parlait de « se bouger », « se faire violence ». Et je peux dire que ça n’a pas du tout eu le même impact. Je me suis forcée à faire tant de choses douloureuses que j’ai fini par toutes les rejeter en bloc. Tôt ou tard, c’est ce qui se passe pour toutes ces choses dont on n’a pas envie.

Et l’envie, ça change dans le temps ! Rien n’empêche de tester pour voir ce qui nous plait !

 


Isabelle,
Expérimentatrice enthousiaste des arts visuels.
Mais pas que.

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2 commentaires sur “Tout n’est PAS qu’une question de volonté

  1. Sandra a dit :

    Super article Isa, complètement d’accord avec toi on se/nous met une pression qui retire tout plaisir et nous fait subir au lieu de choisir et profiter…

    1. Isabelle a dit :

      Merci Sandra 🙂 Profitons, profitons ^^

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