Le talent inné, un mythe destructeur

le talent inné, un mtyhe destructeur

 

« Moi, je n’ai pas ce talent inné ! ». Si c’est une phrase que tu dis parfois parce que tu penses que tu ne peux pas commencer ou poursuivre une activité artistique, alors cet article te fera du bien ! Ce que l’on perçoit souvent comme un talent inné nécessite beaucoup de pratique. Et si cette pratique est fun, cela fait de bonnes raisons pour s’y mettre !

 

Le mythe du talent inné

Ah ! Le mythe du talent inné !

On croit parfois que les gens dits talentueux sont nés comme ça. C’est peut-être ton cas ?

On croit parfois que les musiciens virtuoses, les grands maîtres peintres, les génies des mathématiques sont nés comme ça (sortis avec un pinceau, une palette, un piano ou une calculatrice du ventre de leur mère).

En soi, il n’y a rien de mal dans le fait de croire ce genre de choses. Sauf que parfois on s’en sert d’excuse pour ne rien faire. « À quoi bon prendre un papier et un crayon pour dessiner, je ne pourrais jamais dessiner aussi bien que Léonard de Vinci ! » pourrait-on se dire, si on est un artiste refoulé.

Et alors qu’est-ce qu’on fait dans ces cas-là ? Rien. On ne fait rien du tout. On laisse ça aux autres, ceux qui ont du « talent ». On se dit qu’on n’a pas de talent et qu’on ne fera jamais aussi bien qu’untel ou unetelle. Peut-être qu’on ne fera jamais aussi bien.

Mais on se prive du plaisir de la pratique et du chemin de la progression !

On se prive parce qu’on a peur. Peur de ne pas être à la hauteur, du ridicule ou du jugement extérieur. Quel dommage !

 

La pratique ou le talent acquis

C’est dommage parce que ce talent qu’on croit inné chez les autres est en réalité le fruit d’une pratique longue et passionnée. Malheureusement ce n’est pas quelque chose qui est souvent mis en avant dans nos sociétés de la gratification immédiate.

Les premières œuvres des grands maîtres n’ont pas grand chose de géniales, ce sont souvent des copies ou des rendus maladroits. Exactement ce que chacun de nous ferait s’il débutait une pratique.

Et si tu ne me crois pas, tu peux te faire une idée avec ce dessin de Paul Cézanne, enfant (il avait 9 ans) :


Franchement, ça casse pas des briques, hein ? On t’aurait dit que ça venait des enfants du voisin, tu l’aurais cru !

Eh bien voilà, c’est bien là le point où je voulais en venir : quand on débute, c’est contre-productif de se comparer avec des personnes qui ont des milliers d’heures de pratique ! Mais on peut se rappeler humblement que tout grand maître a été petit scarabée comme soi ! Et c’est super libérateur (si, si, je t’assure, essaie, et tu verras !).

 

La passion

Pour maîtriser un art, il faut donc pratiquer. Ça a l’air ennuyeux et contraignant dit comme ça. C’est sans compter sur le deuxième ingrédient indispensable : la passion, l’envie, le goût de pratiquer.

Pas de progrès dans un domaine sans une appétence pour celui-ci. C’est là à mon sens que se situe la notion d’inné, par opposition à l’acquis. Ce goût ou cet attrait pour une pratique vient de l’intérieur de soi et dépend parfois de notre nature, de notre histoire.

 

Trouver l’équilibre entre rigueur et plaisir

Se forcer sans plaisir n’amènera que frustrations et abandon précoce. Tout est une question d’équilibre et de dosage entre la régularité de la pratique et le plaisir pris à pratiquer.

Pratiquer uniquement pour se faire plaisir sans chercher à s’améliorer n’apportera que de maigres progrès. Pratiquer uniquement pour progresser n’apportera que peu de plaisir.

Dans ma pratique, je cherche toujours cet équilibre entre plaisir et rigueur. Que ce soit pour moi ou lorsque j’accompagne des personnes sur leur chemin créatif.

Il y a de nombreuses façons d’atteindre cet équilibre.

Une idée peut être d’alterner entre des activités d’observation et de lâcher-prise. Les exercices d’observation minutieuse demandent beaucoup d’attention et d’application. Les moments de lâcher-prise libèrent et permettent de compenser l’énergie dépensée à l’observation.

Une autre façon de voir est de chercher à prendre des risques dans une pratique nouvelle et à garder un sujet familier. Par exemple, utiliser un nouveau medium en reproduisant une ancienne production.

L’énergie peut aussi varier au cours de la journée, bien reconnaître en soi les moments propices à la concentration et à l’expansion créative est important. Dans mon cas, les idées nouvelles et les risques sont plutôt possibles le matin et la concentration sur une tâche précise l’après-midi.

 

Mon chemin de progression

Pour illustrer tout ça, je t’ouvre les portes de ma pratique personnelle. Je dessine depuis… toujours. Et quand j’étais adolescente je dessinais toujours un peu la même chose en pensant que je finirais par m’améliorer sur ce sujet-là. Ce n’était pas exact, mais ça m’a été utile pour comprendre tous les mécanismes de l’apprentissage (j’y reviendrai dans un autre article car il y a beaucoup à dire !).

Voici donc des dessins qui datent de 2001.

portraits femme datant de 2001
Portraits faits en 2001

Et pour mettre en perspective, un dessin du même type de sujet qui date de 2017.

portrait de femme fait en 2017
Portrait fait en 2017

On voit bien la progression ! Et on voit bien aussi qu’il y a encore de la progression à faire. Eh bien je suis sur le chemin de la progression, et c’est ce qui compte pour moi.

Et également, tous les dessins et peintures que je garde dans des boites et pochettes depuis 2007.

archive de 10 ans de dessins

Et c’est sans compter tous les carnets de croquis… et des milliers d’heures de pratique.

 

 

Que dire de plus ? Si tu as envie, pratique !

Trouve un équilibre entre ce qui est nécessaire à ta progression et ce qui te plait. Cet équilibre viendra naturellement par l’expérimentation.

L’important au début n’est pas le résultat mais le fait de pratiquer, puis la progression.

 

Si je ne t’ai pas convaincu-e, cette conférence TED de Carol Dweck pourrait le faire :

 

Bonne pratique et bon amusement ! 🙂


Isabelle,
Expérimentatrice enthousiaste des arts visuels.
Mais pas que.

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