Mots, je vous hais. Mots, je vous aime.

Mots, je vous hais. Mots, je vous aime.

 

Je déteste les mots.

Les mots mentent. Les mots trahissent la réalité, la vérité de ce qui est vécu au profit d’abstractions qui enferment et catégorisent.

Les mots ne peuvent être qu’approximatifs et maladroits. Superficiels et incomplets. Là où la vie est subtile et pleine de nuances.

Les mots ne nous appartiennent pas, ils ont été créés par d’autres et transmis avec plus ou moins de distorsion à travers les âges. Les mots tentent de nous conformer à leurs règles.

Les mots gomment notre fantaisie, nos bizarreries.

 

Si ce que je vis est au-delà des mots, comment le transmettre et le communiquer ? Avec des mots. En prenant simplement garde de ne pas confondre les mots et le vécu, la forme et le fond.

Les mots ne devraient donner qu’une indication sur la direction à prendre pour comprendre entièrement ce qu’ils expriment.

 

Ce n’est pourtant pas ce que j’observe autour de moi, les mots sont une fin en soi, une arme, un pouvoir. Le sens ne revêt que peu d’intérêt devant les prouesses rhétoriques et joutes verbales des professionnels des mots. L’on peut admirer tant de maîtrise dans la prestation d’un orateur.

Quel est finalement le sens qui se cache derrière les apparences ?

Je hais les mots car ils nous incitent à confondre l’être et le paraître. Quel sacrilège !

 

Ce que je vis n’a pas de mots. Ce que je vis s’inscrit dans mon corps, dans mon esprit. Je le vis intensément à chaque instant.

Dès que je mets des mots dessus, la bulle éclate, la magie s’envole, le soufflé retombe. Malheur !

Les mots ne me rassurent pas. Les mots me frustrent.

 

J’aime la tranquillité du silence.

L’intensité d’un regard. Les gestes qui en disent long.

J’aime l’émotion forte d’une peinture. La vibration spéciale d’une musique.

J’aime me sentir vivante, plutôt que de l’entendre ou le lire à travers des mots.

Les mots sont morts là où je suis en vie. Les mots sont immobiles et froids là où je ne suis que mouvement et chaleur.

 

Ce n’est pas en parlant que je chemine. Pas en réfléchissant ni en analysant. Pas même en lisant ou en écrivant.

Je chemine en vivant, dynamiquement.

 

 

Et pourtant j’aime les mots car ils permettent d’échanger et de transmettre.

Je ne serais pas celle que je suis sans tous ces mots échangés ou tus. Je n’aurais pas pu tant apprendre.

Je n’aurais pas pu créer de liens avec mes semblables.

Je n’aurais tout simplement pas pu vivre si intensément que ça.

Je n’aurais pas pu demander ce dont j’avais besoin.

 

Je n’aurais pas rencontré de belles personnes.

Les mots m’ont rendu bien des services. Et pour cela, je les en remercie.

Je n’oublie pas qu’ils ne sont pas une fin en soi. Simplement un moyen.

Parfois précieux, parfois destructeur.


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Isabelle,
Expérimentatrice enthousiaste des arts visuels.
Mais pas que.

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