La dépression une épreuve pour grandir ?

La dépression, une épreuve pour grandir ? de Moussa Nabati

 

La dépression une épreuve pour grandir, Moussa Nabati

Dans cet ouvrage, Moussa Nabati défend l’idée que la dépression n’est pas un ennemi à abattre mais une réelle chance de guérir ses anciennes blessures.
Au travers de 8 témoignages de femmes, il nous montre que la dépression est liée à la culpabilité de l’enfant intérieur innocent qui cherche à la soulager par des stratégies de défense.
Ce n’est que lorsque cette culpabilité est acceptée et accueillie que la personne souffrant de dépression peut enfin être elle-même et guérir, et donc grandir.

 

Différencier les causes et le déclencheur d’une dépression

La personne souffrant de dépression confond souvent les causes réelles et le déclencheur de sa dépression.

 

Les causes de la dépression

Les causes réelles de la dépression se situent toujours dans le passé de la personne déprimée, dans ce que Moussa Nabati appelle « l’Ailleurs et Avant ».

Elles renvoient à une culpabilité ancienne, liée à l’enfance, que la personne a intériorisée de manière inconsciente.

Le facteur déclenchant (un licenciement, un décès, une rupture, etc.) n’est jamais la cause d’une dépression mais le révélateur de cette culpabilité ancienne.

 

Le déclencheur de la dépression

En entrant en écho de sens avec la culpabilité ancienne, le facteur déclenchant ranime la culpabilité qu’a ressentie la personne lorsqu’elle était enfant.

La personne souffrant de dépression dénonce souvent une raison précise, le facteur déclenchant, pour se rassurer et apaiser son angoisse. Si elle ne parvient pas à identifier de facteur déclenchant, elle ressent la honte et la culpabilité de façon plus intense.

 

Ce qu’est la dépression

La dépression n’est pas directement due à une privation comme on peut le croire, mais à une culpabilité imaginaire inconsciente qui est réveillé par cette privation.

La personne souffrant de dépression a souvent une volonté de s’en sortir seule, elle nie son état de faiblesse par peur des jugements extérieurs. C’est le mécanisme d’’orgueil ou la présomption dépressive qui amplifie la douleur à long terme.

La personne souffrant de dépression s’interdit inconsciemment d’être elle-même, d’avoir ses besoins propres.

 

Les femmes sont plus exposées

Les femmes sont plus sujettes à la dépression que les hommes. Pour Moussa Nabati, cela s’explique par deux raisons :

  • Une raison naturelle : les femmes s’impliquent en général de façon affective et émotionnelle dans les relations avec autrui. Elles sont donc plus exposées au mal-être des autres.
  • Une raison culturelle : l’émancipation des femmes a pour effet pernicieux de les contraindre à la perfection. Si ce modèle de perfection n’est pas atteint, la femme peut se sentir coupable et ainsi raviver la culpabilité de son enfant intérieur.

 

La culpabilité imaginaire

Moussa Nabati insiste sur le fait que la culpabilité se trouve toujours du côté de la victime et non pas du côté de l’auteur des violences, contrairement à ce que l’on croit souvent. Il s’agit de la culpabilité imaginaire de la victime innocente et qui n’a pas commis de faute.

La culpabilité se crée lorsque l’enfant a été témoin, victime ou héritier impuissant de violence, lorsqu’il a subi une privation importante d’amour ou de sécurité.
L’enfant est alors convaincu que les souffrances de ses proches ou les siennes sont de sa faute, alors même qu’il les subit.

 

Soulager la culpabilité imaginaire

L’adulte qui ressent cette culpabilité cherche à la soulager par deux mécanismes principaux : l’expiation et la quête de l’innocence.

 

Par l’expiation

Il s’agit de se punir soi-même pour sa méchanceté imaginaire.

Cela passe par des auto-sabotages dans ses projets de vie qui sont mis en échec inconsciemment, par des exigences très élevées envers soi, un refus de se sentir heureux.

L’anorexie, le suicide sont des formes extrêmes d’expiation, mais il en existe d’autres comme le fait de se placer en bouc émissaire.

 

Par la quête de l’innocence

Il s’agit de démontrer à soi et aux autres sa bonté.

Cela passe par des sacrifices, de l’altruisme extrême, en niant ses propres besoins.

S’ériger en enfant thérapeute de ses parents, être perfectionniste sont des formes de quête de l’innocence.

 

Certaines stratégies mêlent les deux mécanismes, c’est le cas des phases maniaques d’euphorie qui surviennent après un coup dur. Il s’agit là d’un mécanisme défensif de déni de la douleur (expiation), ainsi que d’une volonté de faire plaisir en égayant les autres (quête de l’innocence).

 

Échec des mécanismes de défense

Malheureusement, aucun de ces deux mécanismes n’atteint son but. Ils ont plutôt l’effet inverse, ils augmentent le sentiment de culpabilité.

 

L’échec de l’expiation

Se maltraiter, trahir ses désirs ne font que raviver la culpabilité inconsciente de la personne qui cherche à expier ses fautes.

 

L’échec de la quête de l’innocence

S’oublier, faire plaisir aux autres fait est au fond une stratégie perverse puisqu’elle endette l’autre, qu’on place dans une position de dominé, ce qui culpabilise la personne en quête d’innocence.

 

 

De la dépressivité à la dépression

Ce qui épuise la personne n’est pas la dépression mais les procédés défensifs visant à refouler la dépressivité naturelle.

La dépressivité

La dépressivité est une forme de déprime saine et naturelle.

Elle apparaît et disparaît lors de toutes les étapes de l’existence, à chaque fois qu’on se sépare du passé en cheminant vers l’avenir. Son absence, par opposition, est anormale.

La dépression

La dépression est une accumulation de dépressivités refoulées.

La dépressivité naturelle est certainement plus refoulée qu’auparavant en raison de la disparition des pratiques rituelles de passage des étapes de l’existence. De plus la souffrance, qu’elle soit physique ou psychologique, est devenue taboue et médicalisée.

 

Bien vivre les épreuves et le deuil

Lorsqu’une personne est victime d’une épreuve, elle subit en réalité deux épreuves :

  • La douleur consciente ressentie en lien direct avec le choc subi
  • Le réveil de la culpabilité de la victime innocente inconsciente, la limite interne d’impuissance à être l’enfant idéal et tout-puissant, capable de guérir magiquement ses parents.

Le processus de deuil est vital pour pouvoir tourner sainement la page. Il est nécessaire d’accueillir la souffrance ressentie en prenant son temps, de prendre conscience de sa culpabilité de victime innocente et de pardonner, à l’autre et à soi.

 

La dépression vue comme chance

Le rôle positif de la culpabilité

La culpabilité n’est pas liée à la morale, la religion ou l’éducation. Elle est en réalité une façon naturelle de distinguer le bien du mal. Elle est donc indispensable au fonctionnement psychique en assurant une double fonction :

  • Retenir les pulsions, la violence, la perversion
  • Encourager la justice, la solidarité entre les humains

Il est inutile et nuisible de chercher à déculpabiliser la personne souffrant de dépression. Cela ne fait qu’amplifier les mécanismes défensifs. Il est plus utile de “déculpabiliser la culpabilité”, c’est-à-dire accueillir cette culpabilité, comme étant une émotion naturelle et utile.

Tout être humain ressent naturellement la culpabilité d’être distinct, d’être en vie, de grandir, de désobéir aux modèles extérieurs à lui.

 

Le rôle positif de la dépression

Loin d’être une épidémie ou un ennemi à abattre, comme on peut l’entendre de nos jours, la dépression représente une réelle chance de changement, de guérison.

Accueillir la dépression, accueillir la culpabilité est indispensable pour oser être enfin soi, sans plus chercher à plaire aux autres.

La dépression oblige d’une certaine façon la personne de s’écouter et exprimer ses émotions refoulées.

 

Guérir de la dépression

Il est essentiel d’accueillir, d’écouter la dépression lorsqu’elle survient, de l’aimer même.

La guérison passe nécessairement par l’acceptation de la culpabilité et de l’angoisse que ressent la personne, et la conscience de la culpabilité de son enfant intérieur innocent.

Lorsque la personne a accueilli ses émotions de culpabilité, elle peut assouplir ses mécanismes défensifs.
Elle peut accepter le manque et l’imperfection. Elle peut s’aimer, être moins sévère envers elle-même, apprendre à désobéir.

Elle peut parvenir à se pardonner pour tout le mal qu’elle a subi, pour tout le mal qu’elle s’est infligé.

Elle existe enfin pour et par elle-même avec confiance. Elle devient tolérante aux contradictions et aux différences.

 

 

Ce livre offre une réelle compréhension de la dépression, de ses mécanismes et de son potentiel de guérison. Loin de l’opinion répandue qui consiste à cherche à combattre, donc à refouler, les épisodes dépressifs, Moussa Nabati nous aide à accepter les émotions de culpabilité, qualifiées de négatives, alors qu’elles ont un réel rôle constructif dans nos vies.

 

 

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Isabelle,
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