L’importance de faire ses choix technologiques

J’ai parlé dans un précédent article de ma réticence à utiliser un smartphone et à faire certains choix technologiques. En fait, voici ce que j’ai observé depuis que ce genre d’objets se sont immiscés dans nos vies : on ne leur confie plus uniquement le savoir, mais aussi la réflexion.

Bon, ce n’est pas nouveau, beaucoup de romans de science-fiction ont déjà imaginé un monde où les machines pensantes rivaliseraient voire supplanteraient les être humains.

 

Mais ce n’est pas tellement cette conséquence qui me choque en ce moment. Ce qui me choque, c’est à quel point on ne prend plus la peine de réfléchir.

Tout à l’heure, j’ai décidé de me rendre à un rendez-vous à pieds, et je n’avais jamais emprunté l’itinéraire auparavant. Il existe des applications qui nous permettent de nous « simplifier la vie » en nous indiquant l’itinéraire optimal avec le temps associé. Très bien. Je ne m’en suis pas servi.

Pourquoi ? Parce que ce dont j’avais besoin, c’était de la connaissance, de la donnée brute. Alors j’ai ouvert mon plan papier, j’ai regardé et évalué l’itinéraire et le temps que je prendrais. Je sais maintenant que je n’ai pas forcément pris le meilleur itinéraire, je l’ai appris par l’expérience et je ne le prendrai plus.

L’itinéraire calculé par une application, ce n’est plus de la connaissance brute, c’est une forme de réflexion, d’évaluation. Et si l’application réfléchit à ma place, alors je n’ai plus besoin de réfléchir, moi.

Je vois deux conséquences directes à ça :

1- Si on perd l’habitude de réfléchir, nos capacités cognitives peuvent décliner, et rapidement. C’est aussi le cas pour la mémorisation qu’on délègue à nos machines préférées. C’est contraire au bon sens qui voudrait qu’on utilise sa tête pour la garder en forme.

2- On prend l’habitude de faire confiance à une entité extérieure dont on ne connait même pas le degré de bienveillance à notre égard. Si notre machine était un être humain dont on ne connaitrait ni les activités ni les motivations, lui obéirait-on de cette façon ? C’est peut-être un peu extrême dans le cas d’un itinéraire, je suis d’accord. On peut le transposer à d’autres domaines comme les réseaux sociaux (« tu devrais regarder cette vidéo », sous-entendu : pas autre chose), les infos (« tu devrais être au courant de ça », sous-entendu : pas du reste), etc.

 

Tout ça pour dire que nous avons tous la liberté de faire nos choix en conscience. Aucun choix n’est bon ou mauvais en soi. Mais pour chaque choix, on dit « oui » à quelque chose, « non » à autre chose. Et il est dangereux de ne pas s’en rendre compte car dans ce cas on peut être sujet à la manipulation.

Car oui nous sommes tous manipulables, oui nous sommes tous vulnérables, oui nous sommes tous humains. Et ce n’est certainement pas en le niant que nous seront plus forts.


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Isabelle,
Expérimentatrice enthousiaste des arts visuels.
Mais pas que.

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