Comment t’autodétruis-tu ?


Quel est ton moyen d’autodestruction préféré ?

Es-tu accro à l’autodestruction ?

Cette question peut te paraitre saugrenue. “Évidemment que je ne m’autodétruis pas ! Quelle question !”

Et, en un sens, je te comprends. Tu n’es sûrement ni un masochiste ni un junkie. Tu n’as pas de comportements qui mettent en péril ton intégrité physique ou ta santé.

Et pourtant…

Vois-tu, à une époque assez ancienne maintenant, j’ai eu des comportements autodestructeurs. De ceux qui sont réellement reconnus comme tels : de l’automutilation. (Youhou, encore un coming-out !). Et on m’a bien fait comprendre que c’était anormal, pathologique, très vilain en me plongeant dans une honte encore plus grande que ce qui les avait générés.

Hum, je ne vais pas m’étendre sinon je risque de m’énerver sévère, mais si tu es psy et que tu passes par ici, sache-le : la honte n’a jamais soigné personne.

Mais moi à l’époque, je ne trouvais pas ça plus anormal que fumer, boire, se droguer, se goinfrer, se tuer à la tâche, claquer tout son fric en paris sportifs. Je ne trouvais pas ça différent de se vautrer devant la télé pour fuir ses soucis, se tartiner de maquillage à la truelle pour plaire ou de se soucier constamment de ce que pensent ses voisins de soi ! (En fait la liste est très très longue).

Autour de moi, tout le monde avait au moins un comportement autodestructeur ! Mais ils avaient tous choisi des comportements acceptés socialement car pratiqués par le plus grand nombre (Bouh… les lâches…).

Et j’ai commencé à regarder toute cette hypocrisie autour de moi. Une hypocrisie vertigineuse.

Autodestruction inconsciente

Car la plupart des gens ne se rendent pas compte. Ils s’autodétruisent de façon complètement inconsciente. C’est peut-être ton cas aussi.

C’est d’autant plus inconscient que beaucoup autour de nous la pratiquent. C’est étiqueté comme “normal”.

Mais pas de panique, rien d’irréversible à tout ça.

Déjà ce qu’il faut comprendre, c’est que la plupart des gens aiment fuir dans l’auto-destruction pour la simple et bonne raison qu’ils la contrôlent.

Donc nous nous auto-détruisons parce que nous aimons le contrôle. Ce n’est “que” ça.

C’est un des points développés dans le livre “Quand nos émotions nous rendent fous”. En réalité, il est souvent moins déplaisant d’être acteur de  son autodestruction (ou de la destruction en général) que de se sentir menacé et débordé émotionnellement, suite à certains évènements par exemple. Détruire est alors une pure réaction de défense pour se protéger.

Et la créativité en la matière est archi-développée.

Qu’on ne vienne plus jamais me dire que la créativité est réservée aux artistes après ça.  

Quelques exemples…

Un classique : négliger son corps

Un esprit sain sans un corps sain. Voici une expression pleine de bon sens comme je les aime. Et pourtant pas tellement appliquée.

Ton corps et une des choses les plus précieuses à ta disposition (si ce n’est la chose la plus précieuse). C’est certes différent de ce qu’on a pu t’apprendre à l’école, mais qui croit encore à ce qui se raconte en salle de classe ?

Une vertu ?

C’est un grand classique de négliger son corps. C’est même parfois considéré comme une vertu, un sacrifice (ou un truc du genre complètement WTF) véhiculé par la sphère culpabilisante-religieuse. Malgré toi, c’est dans ton inconscient : souffrir, c’est bien.

Mais je te le demande, c’est bien pour quoi et pour qui ?

Bref pas besoin de souffrir pour être belle, beau, bien dans ses baskets. Il est beaucoup plus efficace de donner à son corps ce dont il a besoin.

S’occuper activement des besoins de son corps

Un corps a besoin de bien se nourrir, de bouger souvent. Un corps a besoin d’attentions, d’être parfois chouchouté. Et pas seulement sous la douche. Il est là tout le temps.

Un corps a besoin d’être soigné activement et pas seulement quand il est très mal en point.

J’ai encore entendu récemment quelqu’un dire qu’il mangera sainement quand ça sera remboursé par la Sécurité Sociale et qui continue à se gaver de cochonneries. À cela j’ai envie de répondre en citant un de mes anciens profs : “Restez dans votre médiocrité”.

J’enfonce le clou en disant que ne pas prendre correctement soin de ton corps est une forme d’autodestruction.

C’est certes un comportement assez répandu de mépriser son corps. Et même parfois valorisé. Mais qui a dit que la majorité avait raison ? (Certainement pas moi… !)

Fumer, boire et rester assis constamment sont des formes extrêmes. Mais ignorer les besoins de son corps et ingurgiter n’importe quoi également.

Ne pas prendre de décision et se laisser porter par la masse

Il n’y a rien de tel pour s’autodétruire que d’endormir soi-même ses rêves et objectifs pour se laisser distraire par tout ce qui bourdonne autour de soi. Tu le sais aussi bien que moi.

Il peut même arriver de ne plus être capable de savoir ce qu’on veut tant on peut traverser sa vie dans un état de demi-sommeil.

Conformiste et insatisfait

Loin de moi l’idée de vouloir donner des leçons à ce niveau-là tant j’ai eu et j’ai encore une incapacité presque maladive à prendre des décisions.

Je suis même arrivée à certains moments dans ma vie à ne plus du tout savoir ce que je voulais. Il y a assurément une part de ça dans la dépression.

Marshall Rosenberg a dit que la dépression est ce qu’on obtient lorsqu’on se plie au conformisme. Je ne peux être plus d’accord.

J’en suis convaincue. Surtout quand le conformisme est d’être insatisfait de soi et de sa vie.

Et on n’a rien à se reprocher pour ça, on est éduqué (ou dressé ?) pour se conformer aux attentes des autres et ne pas s’écouter. Il vaut mieux éviter que cette prise de conscience traîne trop longtemps, et ce pour notre propre bien.

Le “peut mieux faire” de l’école qui se mue en “tu seras heureux quand tu auras acheté tel produit” de la publicité et en to-do list de la vie “études, CDI, mariage, maison, enfants, voiture, etc” sans quoi tu aurais soi-disant échoué.

Que de bullshit arrive à nos oreilles ! Sérieusement !?

Fuir systématiquement dans la distraction

Se laisser distraire par tout ce qui bourdonne autour de soi est aussi archi-facile. Tu as remarqué ça aussi ? Oh, un écran ! Oh, un autre écran ! Les sources de distraction ne manquent pas à notre époque, réduisant souvent notre capacité de concentration et d’attention. Il n’a certainement jamais été aussi facile de fuir sa vie dans la distraction.

Sauf que ça nous éloigne souvent de ce qu’on désire vraiment. Je connais peu de personnes qui désirent réellement au fond de leurs tripes passer 3h de leur temps de loisir par jour sur les réseaux sociaux. Pourtant, c’est très fréquent. Pourquoi ? Parce qu’elles ne savent pas quoi faire d’autre à la place. Quel gâchis

Et souvent se concentrer sur ce qu’on fait devient plus difficile. Impossible de supporter la frustration dans la patience pour atteindre un but lorsqu’on ignore tout de ce but…

Et puis on cherche des solutions à nos soucis à court terme pour fournir le moins d’efforts. En deux mots : on survit. C’est une stratégie désastreuse sur le long terme.

D’ailleurs, sais-tu quels sont des rêves et ce que tu souhaites accomplir ? Ou te laisses-tu porter par la masse sans rien décider ni entreprendre ?

Quelle valeur donnes-tu à tes aspirations ? Te donnes-tu les moyens de ne pas être conformiste, défini par les autres ?

Il n’y a rien de pire pour la vitalité que de taire ses élans, ses rêves, ses aspirations. C’est une forme grave d’autodestruction.

Croire en son impuissance et se résigner

Se figer dans le cynisme.

Remets-tu toujours la faute sur les autres, la société ou d’autres ennemis devant lesquels tu es impuissant ? Ces ennemis existent peut-être. Ton impression, non.

Encore une fois, je ne donne pas de leçons. J’ai certainement été championne il y a quelques années en cynisme blasé déguisé en traits d’esprit caustiques. Ça n’aide personne, en fait.

J’ai gardé l’humour noir quand même parce que si on peut pas rigoler un peu de la mort et de l’absurdité…

D’ailleurs, refuses-tu de te croire puissant ? C’est terrifiant de se savoir puissant. Certainement la choses la plus terrifiante. Je ne crois pas que ce soit la peur de l’échec qui nous terrorise, plutôt la peur de réussir et de se montrer tel qu’on est.

Alors un petit coup d’autodestruction et c’est réglé…

Mon autodestruction préférée ? Me désengager lorsque je commence à réussir quelque chose. Je me dis : “Je n’ai plus envie.” Que nenni. J’ai la trouille que ça marche, c’est tout.

Refuses-tu de demander et de recevoir ?

C’est une forme d’autodestruction que j’ai observée plus souvent chez les femmes. Et la raison mériterait des heures et des pages. Ce n’est pas le sujet ici.

Mythe et réalité

S’interdire toute aide extérieure, vouloir tout réussir tout seul, voilà une façon assez efficace pour s’autodétruire ! J’ai testé, ça marche bien.

Penses-tu mériter le pire ? Crois-tu que tu devrais déjà t’estimer heureux de ce que tu as même si tu n’en es pas satisfait ?

Ah là là… L’école nous laisse de beaux cadeaux. Combien de nous ont fini par croire que s’entraider, c’est tricher donc c’est mal ? Et qu’on ne peut jamais être satisfait de ses actions car on peut toujours mieux faire ? Gâchis…

Des volontaires pour réformer l’école (et pas seulement dans des écoles alternatives privées et chères) ?

Ecoutes-tu trop ce que pensent les autres ? Cherches-tu à leur plaire plutôt qu’à te plaire ? Cherches-tu la validation et l’encouragement dans le regard d’autrui ?

Bah oui, c’est normal, on fait ça quand on est enfant et qu’on dépend du bon vouloir des personnes qui s’occupent de nous. Obligés de chercher à leur plaire si on veut que ça se passe à peu près bien. Normal à cette période. Sinon, c’est mal barré.

Mais une fois adulte ? Euh… non, ça ne l’est plus !

Et c’est pas si évident ce passage, n’est-ce pas ? Des évaluations annuelles en entreprise aux dossiers administratifs à monter, la vie d’adulte est remplie de moment infantilisants qui nous replongent dans ces mécanismes-là.

Et c’est pas si évident ce passage, n’est-ce pas ? Des évaluations annuelles en entreprise aux dossiers administratifs à monter, la vie d’adulte est remplie de moment infantilisants qui nous replongent dans ces mécanismes-là.

Sous contrôle extérieur

Sans rentrer dans une théorie du complot, ça arrange beaucoup de gens.

Par exemple, les grands groupes de distribution et les employeurs se font bien à l’idée qu’on puisse être insatisfait et chercher la validation à l’extérieur. Facile de nous mettre sous contrôle.

C’est là qu’il y a une bonne et une mauvaise nouvelle : ce n’est pas à l’extérieur qu’on doit chercher la validation pour la trouver.

C’est une bonne nouvelle parce qu’on reprend cette chère liberté, youpi ! Une mauvaise car la liberté s’accompagne toujours de la responsabilité, il y a du boulot donc.

On a cette liberté de se construire, d’avoir une vie comme on la veut. Et cette liberté repose sur la responsabilité de ses choix, sur son affirmation.

On ne peut pas plaire à tout le monde et en même temps se respecter dans ce qu’on est et ses limites.

On ne peut pas rester dans la masse et aller chercher ses rêves.

On ne peut pas s’autodétruire pour le confort des autres et s’épanouir.

À un moment il faut prendre une décision.

Je te souhaite de prendre la bonne. Maintenant, plus tard, quand tu seras prêt.

With love.


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Isabelle,
Expérimentatrice enthousiaste des arts visuels.
Graphiste & Illustratrice
Mais pas que.

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