La folie : à quoi ça sert ?

Qu’est-ce que la folie ?

 

silhouette devant spectacle coloré

 

Un rôle de maintien de la conformité sociale…

 

La folie dans la société sert à caractériser ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Elle est utilisée pour marginaliser, pour montrer du doigt, pour faire peur. On ne dit pas “garde-fou” pour rien.

Cette barrière nous protège de la différence, de l’inconnu qui se trouvent derrière.

 

Il est doublement difficile de lutter contre la stigmatisation des troubles dits mentaux tant cette stigmatisation joue un rôle important dans notre société. C’est cette stigmatisation qui est utilisée pour maintenir les pions dans la peur et ainsi garantir la paix sociale.

 

En provoquant la peur de la folie, il est aisé d’empêcher les élans des individus comme des foules.

Pas étonnant de constater qu’à travers l’histoire, des opposants ont été internés de force. Des féministes, des opposants politiques…

 

… qui nie la souffrance du malade

 

Quelle confusion !

Confondre la rébellion salutaire et la souffrance psychique ! Confondre les rôles de milice dictatoriale et de soignant !

Le fou dérange l’ordre établi lorsqu’il est un opposant.

Le fou a besoin de soins lorsqu’il souffre.

Dans les deux cas, il a une place dans la société.

 

Un rapport ambigu à la folie : l’insouciance, l’originalité et le courage sont salués…

 

Le rapport de la société à la folie est ambigu. On apprécie un grain de folie, une forme de fantaisie, chez quelqu’un ou dans une action passionnée. De la même façon qu’on apprécie les innovations et les raisonnements qui sortent de l’ordinaire. Le stéréotype du savant fou visionnaire et incompris en est une illustration. On apprécie la fraîcheur d’une personne un peu fofolle car elle nous rappelle la légèreté que peut avoir un enfant face au monde. On apprécie les actions et défis audacieux que relèvent certains. Ils nous montrent que ce dont on a peur est en réalité possible.

“Je suis fou de toi.” L’amour passionnel plonge les personnes dans un état de douce insouciance qui est souvent apprécié.

 

… la menace, l’inconnu et la différence sont rejetés

 

On n’apprécie pas un comportement qu’on ne comprend pas, qu’on ne maîtrise pas. Cela nous fait peur. Et si on n’était pas si tout-puissant que ça ? “Non, impossible, c’est forcément l’autre qui a un problème, qui est fou !” Fou à lier même, histoire de rajouter un peu de répression !

On n’apprécie pas la menace que peut constituer la différence. “Si l’autre est différent, suis-je mieux ou moins bien que lui ? Il faut que ça soit mieux ! Alors je vais rabaisser ou détruire l’autre pour me protéger !”.

On n’apprécie pas de savoir que chacun de nous peut connaître une forme de misère sociale. On préfère se convaincre que ça n’arrive qu’aux autres. Et que ça leur arrive parce qu’ils l’ont mérité.

 

Le fou pointe du doigt les problèmes…

 

Je crois que l’utilité du fou est de montrer les différences, la diversité des individus et des comportements. Ce sont des monstres, au sens de celui qui montre.

 

Nous sommes des monstres. Nous pointons du doigt les recoins sombres de cette société. Nous avons un rôle d’éducation.

Cette société qui exclut, cette société qui opprime, cette société qui condamne la différence. Cette société qui fait de chacun de nous des individus interchangeables depuis l’école jusqu’à l’entreprise, puis au cimetière, dans des écoles et des emplois industriels.

Il n’y a qu’un seul modèle acceptable, le reste n’est que folie, voilà ce qui s’est imprimé dans notre inconscient depuis notre enfance.

 

… et vise à renverser l’ordre établi

 

Et si finalement c’était l’inverse ? Si finalement vouloir nous contorsionner pour rentrer dans le moule nous rendait fous ? Si courir après plus de profits au détriment de la vie nous détruisait ? Si renier notre nature pour nous conformer, et fonder nos choix sur la peur nous enfonçaient vers une auto-destruction toujours plus aveugle et folle ?

 

Sommes-nous prêts à le reconnaître ? Sommes-nous prêts à reconnaître nos torts et nos erreurs et avoir le courage de voir les choses telles qu’elles sont et non telles qu’on croit qu’elles sont ?

 

Coup de gueule contre la stigmatisation

 

Sommes-nous pleinement responsables de notre santé ? Un fou ne serait-il pas un malchanceux ? Au mauvais endroit au mauvais moment. Pourquoi donc le pointer du doigt ? Pourquoi accabler quelqu’un qui est déjà accablé ?

Remettre ses paroles en question, l’insulter, lui interdire de travailler, l’empêcher de se loger, mal le soigner. Cultiver la croyance que les fous sont dangereux par les faits divers, les personnages de films, les divertissements. En dépit de ce que montrent les statistiques : les fous sont bien plus souvent victimes que coupables car vulnérables.

 

Pourquoi ne met-on pas autant d’ardeur à corriger les problèmes de maltraitance engendrée par les fameux pervers narcissiques qui pullulent aux postes de management dans les entreprises ?

Y aurait-il le bon fou et le mauvais fou ? Celui qui va dans le sens de la consommation et de la rentabilité, contre celui qui peine à s’adapter à un système où l’humain est négligé. Nous savons tous lequel cause le plus de dégâts autour de lui.

Mais non, s’attaquer aux requins demande bien trop de courage pour la société lâche que nous formons, autant continuer à s’en prendre à ceux qui sont déjà fragilisés, c’est beaucoup moins fatigant et on peut allumer sa télé plus vite ensuite, satisfait de notre toute-puissance.

Frapper plus faible que soi est toujours la signature des lâches.

 

Sur ce sujet, voir aussi : La double peine des troubles psychiques

 


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